ZAMBIE : QUAND TON BUS TOMBE EN PANNE AU MILIEU DE NULLE PART

by Pauline
ZAMBIE : QUAND TON BUS TOMBE EN PANNE AU MILIEU DE NULLE PART

Si tu voyages en bus en Zambie, prépares-toi à attendre longtemps. Entre ceux qui partent tout le temps en retard mais qui arrivent à destination, et ceux qui partent à l’heure mais qui démarrent alors qu’un voyant rouge s’allume sur le compteur, tout compte fait tu arrives rarement à l’heure prévue.

Si tu as déjà voyagé en Zambie (ou dans un autre pays d’Afrique), ces histoires vont sans doute te sembler familières. Mais pour ceux qui n’ont jamais encore eu ce genre d’expérience, autant t’y préparer si tu décides de partir dans ce pays.

Car il faut le dire, si les Zambiens sont ultra sympas, leur réseau de bus est dans un état assez aléatoire d’une compagnie à l’autre.

 

Les compagnie de bus qui ne partent pas avant d’avoir rempli entièrement le véhicule

Pour te faire le tableau de ma première mésaventure: je suis au terminal routier de Lusaka, la capitale zambienne et je m’apprête à partir pour le parc national Kafue à quatre heures de route vers l’ouest du pays. J’ai mon billet et je suis trop contente parce que dans quelques heures je vais voir les premiers lions en liberté de ma vie de baroudeuse.

Le ticket de bus que je viens d’acheter indique le départ à 14h.

C’est parfait comme ça j’arrive pile poil avant que le soleil tombe. Parce qu’arriver au milieu de la brousse en pleine nuit, ça fait un peu flipper quand même.

 

L’attente de 4 heures

Je me cale donc sur un tas de pneus que je partage avec trois autres personnes et j’attends là, au milieu du terminal de bus bondé.

Quand je te dis bondé c’est du genre « à l’africaine » pas à la parisienne, la veille du réveillon de Noël. Il y a des gens absolument partout, des vendeurs à la sauvette, d’eau, de sodas, de tissus, de bouffe, des rabatteurs pour remplir les bus, des mecs qui sont là on ne sait pas vraiment pourquoi, des gardes qui font la sécurité et qui éloignent les mecs qui ne savent pas pourquoi ils sont là, des voyageurs assis, debout un peu partout et qui attendent comme moi.

Le pare brise du véhicule est complètement défoncé et les rétroviseurs tiennent avec du scotch.

Plusieurs personnes m’avaient dit d’éviter de réserver avec une compagnie de bus autre que Shalom et Juldan, mais je me suis dit au diable les recommandations ! Ce ne sont pas quelques minutes de retard qui vont me décourager…

Je commence à m’impatienter après deux heures d’attente, (plutôt cool la meuf quand même) et je demande autour de moi ce qui se passe. Pourquoi le bus n’est toujours pas là? Une dame assise à côté de moi me dit que le bus ne se montrera pas tant qu’ils n’auront pas vendu toutes ses places. Quand je vois la masse de gens qui attend autour de moi, je me dis qu’ils sont presque au bout du taff. On ne devrait plus trop attendre. 1h de plus passe et toujours pas de bus. Même les Zambiens commencent à s’énerver autour de moi. Le responsable au guichet se fait assaillir par un client toutes les 30 secondes.

 

Le bus au pare brise et rétroviseurs défoncés

Au bout de 4 heures d’attente, un bus se gare enfin sur l’emplacement réservé de la compagnie Khondwani Travels and Tours. Le pare brise du véhicule est complètement défoncé et les rétroviseurs tiennent avec du scotch.

Je me dis que je commence à expérimenter le voyage à l’africaine…Le voyage où tu vas peut-être terminer le trajet en aussi bon état que le pare-brise en face de toi. Tout le monde se presse à la porte du véhicule. Le chauffeur finit par démarrer. Me voici partie pour quatre heures de plus à attendre le cul coincé entre trois sacs de voyage et une voisine heureusement très sympa.

Il continue sa route en pensant que tout va s’arranger d’un moment à l’autre.

Le soleil se couche très vite et je commence à flipper car je vois des animaux partout le long de la route. Je prie pour que les gardiens du campement n’aient pas oublié de venir me chercher à l’arrêt de bus (un arrêt qui n’existe pas physiquement, c’est juste une aire de repos en terre avant un pont en construction au milieu du parc national). J’ai dû rappeler trois fois au chauffeur que je devais m’arrêter à Hook Bridge pour être sûre que lui non plus n’allait pas m’oublier sur le trajet.

J’arrive donc à destination en pleine nuit noire. Mais j’aperçois les gardiens en tenue blanche à côté d’un 4×4. Ouf ! Soulagement et en même temps adrénaline car le safari va démarrer. Je m’empresse de descendre de ce bus qui ne m’inspirait pas confiance, mais qui finalement m’a amené à destination.

 

La compagnie de bus qui part à l’heure

Après ma mésaventure avec la compagnie de bus qui ne respecte pas les horaires, je me suis dis que cette fois-ci j’allais écouter les conseils que l’on m’avait donnés.

Une fois à Lusaka après mon retour de safari, je vais donc réserver un bus de la compagnie la plus réputée du moment dans le pays : Shalom. Mon billet en poche, je vais me poser sur un trottoir et j’attends. Le bus arrive même à l’avance pour que les gens montent et s’installent tranquillement.

Le bus part pile poil à l’heure. Mais les ennuis démarrent aussi pile poil à l’heure.

 

L’attente au milieu de nulle part

Après la sortie de la capitale, le chauffeur s’aperçoit que le voyant indiquant la température du liquide de refroidissement s’allume. Au lieu de s’arrêter et de faire demi-tour alors qu’il est encore temps, il continue sa route en pensant que tout va s’arranger d’un moment à l’autre.

Évidemment, 30 minutes après, le bus doit s’arrêter car l’aiguille ne s’est toujours pas calmée. Les passagers, quand même assez patients, attendent que l’engin redémarre. On repart à vitesse réduite pour essayer de réguler la température, pour s’arrêter 2 heure plus tard, cette fois-ci au milieu de nulle part.

Le chauffeur finit par annoncer qu’il ne peut plus rouler et qu’un bus de remplacement va venir le remplacer.

Là, le monde se partage en trois catégories : les gens qui pètent les plombs et demandent des comptes au chauffeur, ceux qui sont fatalistes et attendent l’air résigné, et ceux qui rigolent et me disent « c’est le voyage à l’africaine ! ».

 

Mon sauveur s’appelle Herold et il a 16 ans

Je me dis qu’une fois de plus que je vais arriver en pleine nuit dans une ville que je ne connais pas bien, sans moyen de contacter mon pote chez qui je devais dormir, car ma carte sim soit-disant internationale ne fonctionne pas en Zambie.

Bref, c’est la mouise.

Après environ 2 heures d’attente, le bus de remplacement arrive finalement et nous récupère au bord de la route. On arrive en pleine nuit à Livingstone, ce que je voulais éviter. Les chauffeurs de taxis encerclent mon bus. Plusieurs tentent de me prendre en course, mais il n’y avait pas moyen après la mésaventure que j’avais vécu il y a quelques jours à Lusaka. Je finis par demander à un jeune passager sympa, Herold, de m’emmener à pied à la guesthouse. Je venais de la réserver au dernier moment pour ne pas pieuter à la rue.

J’ai terminé ma route à picoler des bières au bar de la guest pour oublier cette seconde mésaventure qui au final s’est bien terminée. J’ai toujours de la chance dans mon malheur.

 

Si toi aussi, tu es du genre à collectionner les galères en voyage, partage tes histoires en commentaires en bas de cet article. Ou envoies moi un message, j’y répondrais avec plaisir.

À bientôt !

 

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Et sinon le partage c'est la vie ✌️ et c'est par ici :

2 comments

Darlas février 22, 2018 - 1:16

Ouah!!! Quelle aventure!!!! Chapeau bas!!!

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Pauline février 22, 2018 - 8:20

Ahah ! Oui, parfois il faut prendre son mal en patience, et puis ces mésaventures deviennent des souvenirs à raconter plus tard…

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