Part1/KARAKORAM HIGHWAY : ROUTE MAJESTUEUSE ET MAL DE L’ALTITUDE

by Pauline
Karakoram highway, Pakistan

La Karakoram highway.

C’est la route mythique pour les uns OU/ET la plus dangereuse du monde pour les autres.

@Wikipedia

Un trajet jalonné de forteresses, de vues incroyables, de sites archéologiques et de yaks

Pour te mettre l’eau à la bouche, je retrace ici mon trajet effectué en novembre dernier.

Une sorte de road movie sauce écrite avec photos de paysages grandioses à l’appui.

21H DE ROUTE

Pour démarrer, il faut avoir le coeur bien accroché et faire une croix sur ses heures de sommeil.

L’expédition démarre par 21h de trajet en pleine nuit dans le Khyber Pakhtunkhwa sur une route parsemée d’éboulis.

Si on m’avait annoncé le programme d’entrée de jeu, je ne serais sans doute pas montée dans la voiture. 

À vrai dire, je sentais un peu le coup fourré. Mais mon envie d’aller voir le toit du monde était plus forte. 

Donc après nos multiples tentatives de prendre un avion intérieur qui n’a jamais décollé, avec Tahir et Hussain, nous sommes partis par la route rejoindre le nord.  

Une route impensable.

Imagine le chemin le plus défoncé que tu ai parcouru dans ta vie de conducteur/passager. Tu es encore loin de la réalité.

La Karakoram highway traverse la province du Khyber Pakhtunkhwa contrôlée par l’armée.

Sur 240km entre Mansehra et Chilas, la route était jalonnée d’ornières prises en sandwich entre un ravin vertigineux et une montagne d’éboulis.

Le tout dans la poussière constamment soulevée par les camions pakistanais flashy.

LE KPK DANS LA NUIT NOIRE

Il nous a donc fallu 21h pour rejoindre Chilas, la ville où nous attendait le reste du groupe.

Le tout dans une nuit noire avec des checkpoints tous les 10km. La Karakoram highway traverse la province du Khyber Pakhtunkhwa contrôlée par l’armée.

Dernier checkpoint entre le Gilgit Baltistan et le KPK, Pakistan
Vue de la Karakoram depuis le checkpoint entre le Gilgit Baltistan et le KPK.

Les années précédentes, il aurait fallu un NOC pour traverser cette zone. C’est un certificat de non objection, une sorte de second visa.

Les règles s’étant assouplis quelques mois plus tôt, je n’en ai pas eu besoin. 

À 7h du matin, nous atteignons le dernier checkpoint tels des guerriers sortis d’un bourbier fait de nuit blanche, de poussière et de cailloux. 

LES ACROBATES DU PONT HUSSAINI

Déjà surréalistes depuis le passage dans le KPK, les paysages atteignent un point culminant à Gulmit, dans l’upper Hunza

L’automne déshabille les arbres et les températures fraîches transforment nos bouches en machines à vapeur.

Après 21h de route, j’enfile tout ce que j’ai de pulls et de pantalons dans mon sac avant de me faufiler sous une pile de couvertures, le bonnet sur la tête.    

7000m de roche escarpée impossible à gravir.

Le lendemain matin à 7h, nous sommes quelques fous éveillés à vouloir admirer le lever du soleil. Il se fait attendre.

Cônes de Passu, Pakistan
7h du matin, le pont Hussaini avec les montagnes cathédrales Passu en fond.

L’astre doit monter très haut pour passer au dessus des montagnes gigantesques qui nous entourent.

Les cathédrales Passu sont les seules à se teinter d’or à cette heure matinale.

7000m de roche escarpée impossible à gravir sauf par les marmottes pakistanaises et les léopards des neiges.

La nature infranchissable les protège.  

Quelques acrobates se lancent sur la traversée du pont Hussaini fait de planches espacées de trous où l’on passe son pied dans le vide sans problème. Des villageoises suivent le cortège.

Elles donnent l’impression de disparaître dans la montagne à la sortie du pont. 

En observant bien, on peut voir un petit escalier grimper et passer de l’autre côté de la montagne.

Il y a un village derrière le sommet m’explique une habitante. C’est là où elles se rendent en enjambant le pont planche/trou/planche/trou les mains dans les poches. 

KHUNJERAB PASS

Le soleil est désormais haut dans le ciel lorsque tout le monde s’embarque dans les voitures de l’expédition. Direction la frontière chinoise, la plus haute frontière du monde

Soit 4000m d’altitude=4 dolipranes.  

Mon mal de tête et la vitesse à laquelle je gobe les cachets font rire mes coéquipiers. J’ouvre la fenêtre et voit passer quelques yaks broutant de l’herbe enneigée.

Le paysage somptueux brûle les yeux.

Un yak sur la route qui mène à la frontière chinoise, Pakistan
Un yak sur la route qui mène à la frontière chinoise, Pakistan.

Devant nous, le van fait des embardées sur le verglas. Il manque de peu la rembarde de sécurité, heureusement installée sur cette portion de la Karakoram highway.

Ma vue capte de moins en moins les couleurs et se brouille comme l’image d’un vieil écran TV lorsque le monument frontalier apparaît.

Un arc de triomphe en béton d’inspiration cubiste/communiste.

Nous sortons faire des selfies devant la barrière parce qu’à cet endroit, il n’y a pas grand chose d’autre à faire il faut le dire.

Faire un trek pour observer les léopards des neiges. Le rêve.

Je fais trois pas en sautillant pour changer d’angle. Trois minutes après, je rampe jusqu’au van de peur de m’étaler en étoile de mer inerte sur la neige. 

Néanmoins, sentir l’air rare et vivifiant d’une frontière à 4000m est quand même une expérience unique.

Surtout qu’on n’a juste à prendre la voiture et non la pioche et la corde de rappel. 

PARC NATIONAL DU KHUNJERAB

À la frontière, il existe un parc national où plusieurs animaux sauvages dont le léopard des neiges et le markhor (sorte de bouquetin des Alpes) seraient présents.

Parc national Khunjerab, Karakoram highway, Pakistan
Panneau d’interdiction de chasse à l’entrée du parc.

Il serait d’ailleurs possible de faire un trek pour observer les léopards. Le rêve.

Bien qu’avoir la chance d’observer le “fantôme des montagnes”, est une expérience très rare m’avoue l’un des gardes du parc. 

L’espèce très discrète grâce à sa fourrure, vit aussi dans des endroits parfois totalement inaccessibles à l’homme. D’ailleurs, le nombre de léopards vivant dans la région n’est pas très précis : entre 4000 et 6500 individus selon Richard Bischof.

Ce biologiste norvégien aurait établi cette estimation en posant des caméras infrarouges dans les montagnes au nord et compté les taches sur la fourrure des animaux pour différencier chaque individu!     

Donc tout ce que j’aurais vu sont des gros yaks poilus en bord de route.

À LA RECHERCHE DE PIERRES PRÉCIEUSES

Sost, première ville proche de la frontière, ressemble à une cité de far west réfrigérée.

Des hommes qui vivotent, une unique rue qui traverse le centre, des habitations d’architecture minière, le tout encerclé de montagnes lunaires aux neiges éternelles.

Un verre de chai à la main, je m’attable avec notre équipée sauvage autour d’un plat de riz brun dans un restaurant fumant aux vitres recouvertes de buée.

Une fois le ventre plein, avec Mehroze et Kazim, nous partons inspecter les boutiques. Ce dernier connait le coin pour ses magasins de pierres précieuses.

Le plan drague strass et paillettes…

Un peu fanfaron, il décide d’aller négocier quelques pierres auprès d’un marchand. Dans un magasin sombre, une âpre négociation s’entame. Les rubis, émeraudes et saphirs s’étalent les uns après les autres sur des petits moutons de coton disposés sur le comptoir. Kazim inspecte chaque caillou avec ses doigts déjà plein de baggouzes. 

Il ressort bredouille et me dit “de toute façon les pierres sont bien plus jolies à Lahore”.

Il me montrera qu’il me dit.

Je sens le plan drague strass et paillettes. Pas de bol, moi et les bijoux, ça n’a jamais été le gros love. Ce serait la banqueroute à la vitesse où je les égare.

SHOW MUST GO ON

Voulant pousser le spectacle jusqu’au bout, il me dit qu’il peut même trouver de l’alcool local dans cette contrée de bout du monde où normalement toute boisson à degrés est interdite.

Une vodka très illégale et très frelâtée

Il est vrai que dans la vallée de Hunza, les habitants produisent ce qu’ils appellent la « Hunza Water » (Pakistan= contradiction). Guigne que je suis, je croyais au début qu’on me parlait de la Volvic pakistanaise.

Néanmoins, impossible d’y goûter à Sost, le seul alcool disponible étant de la vodka très illégale et très frelatée passée clandestinement au Pakistan par la frontière chinoise.

Le groupe au début de notre voyage @Khalid Siddeeq

Je passerai donc mon tour. Décision sage.

Une voiture de police venait juste de se garer à la sortie du bar où l’on venait de nous proposer la bouteille. Kazim me glisse à l’oreille « seuls les étrangers ont le droit de boire de l’alcool au Pakistan, c’est pour ça que je t’ai fait venir avec moi ».

Moui.

Au cas où il se trompait, je n’ai pas cherché à creuser la question.

     

3 JOURS APRÈS, C’EST DÉJÀ LA FIN

Après trois jours passés dans les montagnes avec le groupe, ces derniers repartent à Lahore.

C’était une visite express!

Ils ont pour ainsi dire passé autant de temps dans la voiture qu’à visiter les montagnes. De notre côté avec Tahir, nous redescendons tranquillement la Karakoram direction Karimabad

Car le voyage ne fait que commencer pour nous…

La suite au prochain paragraphe pas encore rédigé.

Épingle-le pour plus tard!

Karakoram highway, Pakistan
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4 comments

Jennyfer octobre 30, 2019 - 2:28

Je voudrais bien découvrir cet endroit, j’aime bien les photos que vous montrez. Par contre, il faudrait peut-être que je pratique un peu plus la marche surtout que ce n’est pas simple avec l’altitude.

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Pauline octobre 30, 2019 - 4:57

C’est un endroit majestueux mais par contre il faut savoir si on supporte l’altitude avant d’y aller car on monte vite dans les hauteurs. Et oui c’est important d’être préparé pour les treks et de choisir la bonne saison évidemment. En hiver, beaucoup de routes sont fermées et certaines vallées coupées du monde.

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Jennyfer octobre 31, 2019 - 5:16

Pour me préparer, j’ai encore du chemin à faire, car je dois vraiment me remettre au sport après quelques années, mais ça en vaut la peine quand on voit la beauté des paysages.

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Pauline octobre 31, 2019 - 4:14

Oui, il faut vraiment avoir une bonne condition et une bonne préparation pour visiter le toit du monde!

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