PAKISTAN: MÉTÉO, DÉSORGANISATION ET CORRUPTION S’INVITENT DANS MON VOYAGE

by Pauline
Islamabad, Pakistan

Trois vols annulés et un pneu crevé en trois jours. Voilà comment a démarré mon voyage au Pakistan.

Des imprévus qui me mettent directement dans le bain d’un voyage au Pays des Purs. Entre désorganisation, gentillesse, corruption (si si les deux peuvent aller ensemble) et routes défoncées.

LA MÉTÉO EN MONTAGNE EST IMPRÉVISIBLE, C’EST BIEN CONNU

Mon plan de départ était de passer une nuit à Islamabad avant de rejoindre les montagnes du nord. Car début novembre, il commence à bien cailler dans le coin.

Les arrivées à l’aéroport d’Islamabad

Sur les conseils d’un contact devenu ami (comme on s’en fait pas mal au Pakistan), j’achète un billet pour Islamabad/Gilgit, et m’épargner une portion de route à l’aller.

D’habitude je ne rechigne pas le petit voyage d’une dizaine d’heures en bus local mais le temps presse.

Et la neige tombe déjà. Donc je me dis que cette solution est plutôt pas mal.

L’erreur de débutante.

7 HEURES D’ATTENTE À L’AÉROPORT D’ISLAMABAD

Le jour J, réveil à 5 heures pour un décollage à 7h.

Jusque là tout va bien.

Sur place, Tahir mon couchsurfer/guide/trekker (homme multifonctions) et moi même savons déjà que le temps est mauvais dans les montagnes. Mais le vol est toujours affiché sur les écrans dans le hall de l’aéroport. Une fois nos cartes d’embarquement en poche, nous nous postons devant les portes.

7h arrive et rien n’arrive. Une demi-heure plus tard, le personnel annonce officiellement que le vol est annulé pour cause de mauvaise météo.

Islamabad, Pakistan
Des passagers protestent devant les guichets de PIA suite à l’annulation de leur vol.

Sur le moment, je suis plutôt rassurée de ne pas finir en charpie sur un pan de montagne enneigée à 8000m d’altitude.

Au moins, ils ne prennent aucun risque.

Un vol pour Skardu, une ville également située au nord est prévu en fin de matinée donc nous tentons notre chance. Rebelote, carte d’embarquement, plusieurs heures d’attente et vol à nouveau annulé.

Bad luck. Enfin presque.

L’AVION POUR SKARDU PART FINALEMENT POUR KARACHI!

C’est là que le sketch commence.

C’est un peu de ma faute aussi car je ne voulais pas prendre la route malgré l’insistance de Tahir. Je veux tenter le vol de la dernière chance, dimanche, soit deux jours plus tard.

Le deuxième jour J, on arrive à l’aéroport et on apprend directement que le vol est à nouveau annulé!!!

Les passagers, très calmes les jours précédents, protestent depuis une demi-heure avec pancartes, slogans et vidéos postées sur les réseaux sociaux !

Les employés expliquent encore que la météo est en cause. Mais cette fois-ci, le coup ne fonctionne pas.

“L’avion de Skardu remplace un autre en partance pour Karachi.”

Tous les vols pour Gilgit, une autre ville située dans le nord du pays, ont décollé sans problème durant la matinée. En revanche, un vol pour Karachi a dû être annulé pour cause de problème technique au sein de l’appareil.

C’est là que vient le hic.

Les passagers soupçonnent PIA (Pakistan International Airlines) d’avoir réquisitionné l’avion en partance pour Skardu pour remplacer celui en panne, qui devait partir pour Karachi. Les vols en partance pour le nord étant souvent annulés, les dirigeants ont dû se dire que ça allait passer ni vu ni connu. Bien tenté…

“Les gens de Skardu sont des gens simples, ils ne protestent pas d’habitude, c’est la première fois que je vois ça”

Hussain, un passager.  

L’histoire ira d’ailleurs faire un petit encart dans les journaux du pays quelques jours après notre passage dans l’aéroport. Le ministre du tourisme au Gilgit-Baltistan (province du Pakistan) s’est filmé en train de brûler sa veste dans le hall de l’aéroport pour protester contre un énième vol annulé.

SE METTRE QUELQUES SOUS DANS LA POCHE

Pour rajouter une couche à la désorganisation ambiante, Hussain, lui a dû faire face à une petite mais classique touche de corruption au guichet de réservation.

Alors qu’il a son billet en poche pour le vol de Gilgit à 11h, Hussain arrive l’esprit tranquille devant le guichet d’enregistrement et présente ses papiers à l’employée.

Pourtant, celle-ci lui explique que son billet n’est pas conforme. Il doit à nouveau se rendre au guichet de réservation, à l’étage au-dessous. Ce qu’il fait tout de suite pour ne pas rater son vol. Lorsqu’il arrive devant le même gars qui lui a vendu le ticket une heure plus tôt, ce dernier, tranquille,  lui explique qu’il doit payer une amende de 300 roupies PK. Et au check-in il devra également payer 200 roupies de plus!! Pour une erreur (si elle existe) qui n’est pas la sienne.

Du coup, il vient rejoindre le groupe des protestataires au guichet.

Je regarde ce manège d’un air surpris et pas si dépaysée finalement…bonne française habituée au manifestations. Au bout d’un moment, il comprend que son siège a été attribué à quelqu’un d’autre qui protestait dans le groupe des mécontents voulant se rendre à Skardu…Quel bordel !

Pour les Pakistanais avec qui je discute en attendant une issue favorable qui n’arrivera jamais, cette situation n’est juste que l’un des nombreux exemples de la désorganisation et de la corruption qui règnent au Pakistan.

“PIA est l’une des compagnies aériennes les plus inefficaces au monde” m’explique Hussain, le sourire jaune aux lèvres, tant la situation est rocambolesque mais banale ici.

PRENDRE LA ROUTE

Quand tu voyages au Pakistan, il faut t’attendre à l’inattendu.

On finit par sortir une bonne fois pour toutes de cet aéroport de l‘enfer. Hussain que l’on ne connaissait donc pas il y a 3h, monte avec nous. Le plan B est enclenché. en même temps, c’est pas plus mal de partir en voiture plutôt qu’en avion, ça pollue moins.

Mais prendre la route au Pakistan, c’est une aventure en soi.

16 heures de route minimum nous attendent pour atteindre le Gilgit-Baltistan. Donc retour à la case départ chez Tahir.

Mais comme trois emmerdes n’arrivent jamais sans la quatrième: la roue avant droite de la voiture crève.

On a fait deux mètres dans le parking.

S’ensuit une danse à celui qui se souviendra comment on change une roue version « celui qui saute le plus fort sur la clé pour desserrer les écrous ».

En général, ça fonctionne sauf quand la clé est mise à l’envers.

Finalement, Tahir appelle l’un des gardiens de l’immeuble où il habite. Ce dernier s’exécute en 30 secondes.

Je suis pas prête de faire le Paris/Dakar.

Le gardien de l’immeuble (en bleu) bien plus habile que nous trois réunis.

Une fois la roue changée, Tahir va au garage pour mettre une rustine dans la roue crevée. Bonne idée car elle recrèvera par la suite.

Avec nos roues flambant neuves, nous prenons enfin la direction des montagnes.

Un roadtrip qui ne durera pas 16 mais 21h, sur une route tellement défoncée que l’on doit parcourir environ 400km à 20/30km/h…

Karakoram highway, Pakistan
Glissements de terrain sur la Karakoram Highway avant Chilas.

PRESQUE CONCLUSION AVANT LE PROCHAIN ÉPISODE 

Voici donc un voyage qui démarre à la pakistanaise.

Les gens ici appellent ça “Jugaad”. Ce qui peut se traduire par : les emmerdes n’en finissent pas de te tomber sur le coin de la face mais tu trouves toujours une solution pour te dépatouiller..

J’aime bien l’idée.

Surtout après coup, car sur le moment mon adhésion au concept n’était quand même pas si flagrante.

Si tu as aimé, épingle ce post avec cette image 🙂

Voyage au Pakistan

Épisode suivant :

Karakoram highway : route majestueuse et mal de l’altitude.

Karakoram highway, Pakistan

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2 comments

K.hussain janvier 27, 2019 - 10:11

Good job Pauline. 👍

Reply
Pauline janvier 27, 2019 - 11:57

Thank you Hussain 🙂

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