BAALBEK : ÉTAPE INCONTOURNABLE D’UN VOYAGE AU LIBAN

by Pauline
Cité antique de Baalbek au Liban

Baalbek est l’un des vestiges gréco-romains les plus réputés du Proche-Orient.

Néanmoins, la cité antique peine à retrouver son lustre d’antan question tourisme. Beaucoup de touristes renoncent à venir explorer ce bijou antique situé à 50km de la Syrie.

Baalbek, Liban

Pourtant, la situation sécuritaire s’améliore d’années en années. Les locaux te diront que la région est sûre.

Mais le doute subsiste.

Alors pour que tu puisses te décider, voici un petit condensé sur le pour et le contre d’une visite à Baalbek (Infos pratiques en bas de page).

Il y a Palmyre et il y a Baalbek

Avec sa voisine syrienne Palmyre, Baalbek est l’un des témoignages les mieux conservés de l’époque gréco-romaine au Proche-Orient.

Malheureusement, on connait le triste de sort de la première, sérieusement endommagée sous le joug de l’EI. La cité antique libanaise, elle, n’a heureusement pas subi le même sort.

Cependant, elle attend son prochain jour de gloire.

Dans mes souvenirs

Depuis Beyrouth, on a mis un peu plus de 2h pour y aller. J’étais en voiture avec Hamoudi et Nibal, deux amis libanais.

Plusieurs checkpoints nous ont ralenti sur le chemin.

Source books.openedition.org

C’était l’un de ces mois de septembre où le soleil tapait bien fort à t’en faire fondre les lunettes de soleil sur le nez. Quand nous sommes arrivés sur place, il n’y avait quasiment pas un chat.

« Le temple de Bacchus, l’un des temples les mieux conservés du monde romain. »

Un « guide » sorti de nulle part s’est alors approché de nous, et s’est fixé la mission de nous raconter l’histoire de Baalbek.

Il nous parlait d’une façon ultra pressée comme s’il avait autre chose à faire, dans un « franglais » ponctué d’un accent arabo-libanais tellement prononcé que j’étais sonnée au bout de deux minutes à vouloir essayer de comprendre.

Je n’avais rien pigé mais ce n’était pas bien grave.

La beauté des lieux parle d’elle même (romantique que je suis).


Composition du site

Trois grands ensembles composent le site :

  • Le temple de Jupiter (A) et son ensemble avec la Grande cour, Cour hexagonale et les propylées
  • Le temple de Bacchus (B)
  • Le temple de Vénus (C)

Temple du dieu de la débauche et du vin

Celui qui se dresse quasiment intact sur la plupart des photos du site, est le temple de Bacchus.

Le temple de Bacchus à Baalbek au Liban
Le temple de Bacchus à Baalbek.

C’est l’un des vestiges de Baalbek qui m’a le plus marqué.

La grandeur, les fresques, le monument quasiment intact en font l’un des temples romains les mieux conservés au monde. Il serait aussi vaste que le Parthéon d’Athènes pour te donner un ordre d’idée.

Et il vaut une visite rien qu’à lui seul.

En même temps, ça ne m’étonne pas qu’il soit encore debout dans un état aussi bien conservé. C’est la moindre des choses dans un pays réputé pour sa nightlife et son vin rouge.

Le temple de Jupiter

Les 2/3 du site sont occupés par l’édifice consacré à Jupiter, le roi des Dieux chez les Romains.

Baalbek, Liban
Les vestiges de la Grande Cour, Baalbek.

Du temple lui même, il ne reste plus que 6 colonnes encore debout sur les 54 initiales. Les tremblements de terre et les destructions ont fait le reste.

Mais rien qu’avec 6 colonnes, imagine-toi un immeuble de 7 étages et tu auras une vague idée de jusqu’où tu dois lever les yeux. Ce temple serait à priori le plus grand du monde romain.

Pourquoi ces derniers ont construit un monument aussi gigantesque ici, personne n’a encore percé le mystère.

Temple de Jupiter, Baalbeck, Liban
Les vestiges du temple de Jupiter, Baalbek.

Ensuite devant le temple, il y a la Grande Cour où les sacrifices et les cultes étaient réalisés. L’autel des sacrifices, au milieu, est encore visible.

La Cour Hexagonale, juste à côté de la grande cour, symbolise le passage du profane au sacré. Un portique de 30 colonnes de granite l’entoure. L’édifice ne possédait pas de toit.

Temple de Vénus

Le temple de Vénus se trouve un peu à l’écart du site, à côté de l’entrée là où on achète les tickets pour la visite.

Il est vraiment petit comparé aux autres monuments colossaux du site. Il a une forme de fer à cheval unique.

L’empereur Constantin l’a ensuite transformé en église à Sainte Barbe, une martyre chrétienne qui s’est faite couper les seins et décapitée car elle avait refusé d’abjurer sa foi…Ça avait l’air plutôt sympa de vivre à cette période. Surtout pour les femmes.

La terrasse miraculeuse

En bas du temple de Jupiter, lorsque tu t’approches du précipice entre les colonnes, tu peux voir un soubassement fait d’énormes pierres monolithiques (faites d’un seul bloc).

Elles sont vraiment gigantesques. Si bien que des théories de toutes sortes ont commencé à fuser sur l’origine de ces pierres, comment les hommes les ont transporté jusqu’au site, etc.

Pierre de la femme enceinte dans l’ancienne carrière, Baalbek.

Bien sûr, les aliens ne sont jamais très loins !

Ces énormes pierres proviendraient d’une ancienne carrière située à quelques pas de là.

L’une des pierres les plus monumentales du site n’a d’ailleurs jamais quitté la carrière.

On la surnomme la pierre de la femme enceinte. Elle pèserait 1000 tonnes à elle seule !

Pour dégommer la théorie des petits hommes verts sur leur transport jusqu’au site de Baalbek, les scientifiques supposent que les hommes de l’époque plaçaient des troncs d’arbres sous l’édifice pour provoquer un roulement. Ensuite, ils tiraient la pierre avec des cordages jusqu’au site. Bien plus plausible.


Des vestiges vieux de plus de 5000 ans

Les premières traces du site remontent donc aux temps des Phéniciens au IIIème siècle avant JC. Ces derniers auraient construit la cité en l’honneur du dieu Baal.

Baalbek devient ensuite Héliopolis (dieu du soleil en Grèce antique) avant de rayonner au temps des Romains.

C’est sous l’Empereur Auguste que la cité devient la plus grande nécropole du monde romain. Donc la construction se situerait entre 14 avant JC et la fin du IIème siècle après JC.


Baalbek, mise à rude épreuve mais toujours debout

L’allée tracée par les quelques pieds qui foulent ce site majestueux n’est pas très marquée tellement les visiteurs se font rare sur le site. Depuis plusieurs années, le gouvernement libanais tente de faire revenir les touristes.

Dernier soubresaut de l’histoire, la guerre civile syrienne qui a stoppé la fréquentation du site situé à 50km de la frontière syrienne.

Version diplomatie française

Avant de partir dans un pays comme le Liban, souvent la première chose que l’on fait, c’est de regarder les préconisations de notre propre gouvernement sur la destination en question.

Carte du Liban sur diplomatie.gouv.fr

Erreur fatale.

Ou alors il vaut mieux ne pas distinguer les couleurs. Surtout le rouge.

Version locale

D’ailleurs dans mes souvenirs, je n’avais pas prévu d’y aller au départ. Justement à cause du pavé anxiogène que je venais de lire sur le site Diplomatie.fr, avant de partir.

Mais les Libanais peuvent se montrer très obstinés. Et moi très influençable lorsqu’il s’agit de visiter de vieilles pierres oubliées.

Cité antique de Baalbek au Liban

Donc après deux jours passés à Beyrouth, j’étais déjà sur les routes de la Bekaa pour rejoindre cette cité antique qui me faisait déjà rêver. J’avoue que je n’étais pas spécialement rassurée lorsque notre voiture devait ralentir à chaque checkpoint.

Mais les locaux avec qui j’avais discuté, me répétaient sans cesse que la situation était sécurisée. Donc yalla !

Certains avançaient aussi un nom : Hezbollah. Si l’organisation est classée dans la liste des groupes terroristes selon les pays occidentaux, au Liban, elle est avant tout un parti politique ainsi qu’une armée défendant son territoire.

Et au moment où je me rendais à Baalbek, les combats faisaient rage du côté syrien, pour ne laisser passer aucune brebis galeuse aux tendances violentes et suicidaires voulant répandre le bordel au Liban. C’était la version locale relayée au moindre touriste en quête d’informations récentes.

Bref, une fois de plus, je ne me place ni d’un côté ni de l’autre, mais je suis toujours surprise de voir le décalage qu’il peut y avoir parfois dans une histoire suivant qui nous la raconte.

Festival de Baalbek

Depuis 1956, la cité antique accueille un festival de musique et de danse en plein milieu de ses vestiges.

Camille Chamoun, le président libanais de l’époque, avait eu cette idée pour promouvoir le tourisme et la culture au Liban.

L’événement connaît quelques soubresauts et doit stopper pendant la guerre civile en 1975, avant de reprendre en 1997. Entre-temps, le site est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

En 2011, le conflit syrien éclate. Le festival est alors délocalisé à Beyrouth pour des raisons de sécurité entre 2013 et 2014.

Mais les organisateurs ne cèdent pas et relancent le FIB en 2015.

Des artistes comme Mathieu Chedid, Ibrahim Maalouf, Maurice Béjart ou encore Johnny Hallyday s’y sont produits.

Infos pratiques

  • Transport et tarifs

Pour t’y rendre, compte minimum 2h de route.

Il y a des voitures ou des minibus qui partent depuis la capitale, à la station Cola (car il semblerait qu’y avait une usine Coca Cola à cet endroit). Le trajet coûte environ 5000/7000 LL. Parfois le bus s’arrête à 2 km du site, alors il faut monter dans un taxi pour rejoindre l’entrée.

L’entrée du site, elle, coûte 12000 livres libanaises soit environ 6 euros.

  • Hébergements sur place

Palmyra Hotel

Sur place, il n’y a pas quantité d’hébergements. Tu peux dormir dans une adresse mythique située juste en face du site: Palmyra Hotel. Jean Cocteau y aurait séjourné.

Il était un grand fan de la cité antique et de son festival notamment. L’artiste aurait même dessiné des croquis sur les murs de certaines chambres. Il y a des preuves en photos sur Booking (pas comme les aliens)…

Par contre l’hôtel est dans son jus, donc n’espère pas grand luxe, volupté et lit King size avec douche à l’italienne.

C’est tout le charme!


Kanaan Group Hotel

C’est une autre adresse plutôt bien notée.

En revanche, l’hôtel est situé un peu à l’écart de la ville, à environ 2 km. Les chambres ont l’air plus modernes.

Tu peux aussi simplement dormir à Beyrouth et faire l’aller/retour.


Sources pour l’écriture de cet article : France Info, Le Petit Journal, France Culture, et moi même avec mes yeux et mes oreilles.

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9 comments

Marie-Françoise Darlas mars 2, 2019 - 12:29

Bravo et Merci Pauline pour ces photos et vidéo enchanteresses!!!

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Pauline mars 3, 2019 - 10:10

Merci !

Reply
FAURE juillet 12, 2019 - 2:37

Bonjour Pauline, actuellement en voyage au Liban,nous sommes touriste Français, nous séjournons à Biblos. Nous envisageons de nous rendre à Baalbek…
Nous avons choisi le 20 juillet, date de concert lors du festival 2019 de Baalbek, car en dehors des dates de concerts, le secteur est fortement déconseillé. Nous avons une voiture de location. Le trajet le plus plausible et peux être l unique route sécurisé, est depuis Beyrouth + Zahlé = Baalbek. La question reste à savoir si un horaire est conseillé, et si un retour de nuit est interdit entre Baalbek et Zahlé. Si tu peux demander a tes amis Libanais ce qu il en pense, nous te lirons avec plaisir. Merci pour ce blog. Bon voyages. Bruno

Reply
Pauline juillet 12, 2019 - 7:28

Bonjour Bruno,

Oh chouette, je n’ai pas encore eu l’occasion de me rendre au festival de Baalbek, profitez-en bien! J’ai demandé à un ami qui a toute sa famille dans la Bekaa et il me dit que c’est quand même mieux de ne pas conduire la nuit, même les Libanais ne prennent pas la route la nuit à ce qu’il me dit! Après selon lui, ce n’est pas dangereux les Libanais du coin te diront sans doute la même chose contrairement au site Diplomatie.gouv. Pour résumer, la route que tu cites est bonne mais de préférence la journée, prenez un hôtel dans Baalbek, il y en a un qui est sympa ou Jean Cocteau avait l’habitude de séjourner quand il venait au festival. Je crois que c’est encore « le vieil hôtel dans son jus » mais ça peut vous plaire et puis c’est juste à côté des ruines. Il y a d’ailleurs le lien vers Booking je crois dans l’article.
Bonne route en tout cas et n’hésite pas si tu as d’autres questions!

Pauline

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Pascal juillet 24, 2019 - 8:40

Bonjour Pauline,
Merci pour ce bel article. Je vais me rendre au Liban cet été avec pas mal d’amis français et nous comptons visiter le site de Baalbek (nous avons hâte !!). Mon frère y est allé il n’y a pas longtemps et il avait opté pour un guide local présent à l’entrée de Baalbek pour assurer la visite du site. Il a finalement été déçu de son choix…
Auriez-vous à tout hasard quelques noms de guides ou d’entreprises à me conseiller?
Je vous remercie par avance de votre aide.
Pascal.

Reply
Pauline juillet 25, 2019 - 5:33

Bonjour Pascal, je crois savoir de quel guide vous parlez! J’ai eu un guide similaire quand j’y suis allée, il n’était pas très bon effectivement. Et à part ce guide qui travaille sur le site de Baalbek à ce que j’avais compris, je n’en connais pas d’autres désolée. Après avec quelques recherches glanées sur Internet et discussions avec des locaux, on comprend facilement le site, les différentes époques présentes…Enfin je trouve en tout cas.
Bon courage pour votre recherche.
Pauline

Reply
Pauline août 1, 2019 - 12:52

Bonjour Pascal,
Je ne sais pas si tu as trouvé ton guide pour la visite de Baalbek donc au cas où je te transmet le contact de celui-ci conseillé par une personne qui revient du Liban : « guide de montagne Ray SKAFF
(prof de physique). Il a peux être un ami prof d’histoire passionné de Baalbek… Son tél +961 3 688 757 ».
Bon voyage si tu n’es pas déjà parti.
Pauline.

Reply
FAURE août 1, 2019 - 6:37

Bonjour Pauline. Nous sommes une famille de touriste français de 4 personnes.Actuellement en voyage au Liban (juillet 2019).
Nous avons pu nous rendre à Baalbek (c est magnifique), par la route de Zahlé, le 20 juillet. L ambassade de France a confirmé, que la route était sécurisé
pendant tout le festival de Baalbek.Il nous a fallu 2h depuis Beyrouth. Peu de controle, qui n engeandrait pas de retard. Pour pascal : Un guide de montagne Ray SKAFF
(prof de physique). Il a peux être un ami prof d histoire passionné de Baalbek… Son tél +961 3 688 757. Je ne le connais pas mais il a été conseillé par Louise et Marc
(forum petit futté Liban).Pour vous remercier de ce travail de qualité. Bruno

Reply
Pauline août 1, 2019 - 12:50

Super pour ton retour Bruno! Je suis ravie que cela vous ai plu et merci pour le contact du guide, ça pourra servir à d’autres personnes qui passent par ici. Je transmets à Pascal aussi.
Bonne journée!
Pauline

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